Madagascar n’a pas manqué de participer à la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) et des femmes. La ville d’Ambositra a été choisie pour abriter la cérémonie de célébration ce mercredi 16 octobre.
Cette Journée coïncide avec le 74ème anniversaire de la fondation de l’Organisation, une des plus importantes manifestations du calendrier des Nations Unies, qui a pour but de renforcer la sensibilisation et l’action en faveur de l’objectif Faim Zéro.
Placée sous le thème « Agir pour l’avenir. Une alimentation saine pour un monde FaimZéro », atteindre cet objectif Faim Zéro, ce n’est pas juste donner à manger aux affamés, c’est aussi nourrir les personnes et prendre soin de la planète. Cette année, la JMA lance un appel à l’action à tous les secteurs afin que tous puissent bénéficier d’une nourriture saine et durable. En même temps, elle invite chacun d’entre nous à commencer à s’interroger sur ce que nous mangeons, s’est exprimé le représentant de la FAO à Madagascar, Patrice Talla à cette occasion.
En fait, le problème réside dans l’évolution d’une transformation profonde de notre alimentation ces dernières années et de nos habitudes alimentaires du fait de la mondialisation, de l’urbanisation et de la hausse des revenus. Et ce, en passant d’une alimentation de saison, essentiellement végétale et riche en fibres à une nourriture à forte teneur énergétique, riche en amidons raffinés, en sucres, en graisses, en sel, en aliments transformés, en viande et autres produits animaux.
Madagascar dispose d’une forte potentialité en produits agricole, alimentaire et d’élevage mais la population ne sait pas les exploiter ou encore les transformer en alimentation saine. Selon le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, la JMA est une opportunité pour promouvoir la sensibilisation de la population sur l’importance de la pratique d’une alimentation diversifiée et riche en valeurs nutritives, l’application des cultures intensives à rendement élevé à privilégier avec des variétés culturales sûres et nutritives, la diversification des cultures est cruciale pour garantir une alimentation saine et préserver l’environnement. Le tout, en évitant la consommation des nourritures riches en graisses, sucres et sels.
Il est important de souligner qu’une mauvaise alimentation est une des principales causes de mortalité à travers le monde par les maladies non transmissibles dont les maladies cardiovasculaires, le diabète et certains types de cancers. Et les mauvaises habitudes alimentaires, responsables d’un cinquième des décès dans le monde, grèvent lourdement les budgets de santé nationaux avec des coûts s’élevant à 2000 milliards de dollars par an.
Durant cette campagne, le Gouvernement doit accroître la disponibilité et l’accessibilité d’aliments variés et nutritifs pour une alimentation saine en fixant, en appliquant et en actualisant régulièrement les lignes directrices alimentaires et les normes nutritionnelles nationales. Et ce, en créant des plateformes transversales pour informer les politiques alimentaires et agricoles et orienter des interventions comme les programmes d’alimentation scolaire, l’aide alimentaire, les achats publics de nourriture et les réglementations sur la commercialisation, l’étiquetage et la publicité alimentaires. Pour faire changer les comportements, les efforts doivent être soutenus par les médias, par des campagnes de sensibilisation et des programmes d’éducation nutritionnelle, par des interventions auprès des communautés et des actions d’information dans les points de vente, y compris sur l’étiquetage, a souligné le numéro un de l’Agriculture.
Parmi les actions à entreprendre figurent également le combat à la racine de la malnutrition à travers la production vivrière (agriculture, élevage, pêches, etc.) contribuant à accroître la diversité des aliments et à améliorer la nutrition pour un avenir plus sain et durable. Le pays doit adopter des pratiques de production vivrière sensible à la nutrition et moins centrées sur les variétés à rendement élevé et économiquement plus rentables et davantage sur la diversité et la qualité nutritionnelle. La Grande île doit produire toute une gamme d’aliments sûrs, nutritifs, accessibles et culturellement appropriés en quantité suffisante pour satisfaire les besoins alimentaires des populations dans une optique durable. Cela aura un effet positif sur leur santé, sur la biodiversité et la préservation de l’environnement tout en réduisant les coûts de santé publique.
Les gens doivent prendre soin de leur santé et être informés pour modifier leurs choix et habitudes alimentaires et limiter la consommation de produits hautement transformés riches en graisses, sucre et/ou sel. Ils doivent redécouvrir l’importance d’aliments frais de saison, des aptitudes culinaires, des savoirs traditionnels et de la biodiversité locale.
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